Samedi 24 août 2019

ONE DEEP BREATH OU COMMENT SURVIVRE À LA PERTE DE L’AMOUR DE SA VIE
Un article de Qweek, sans date

Vous aimez le cinéma expérimental gay ? Voici une exploration du deuil de Maël, le personnage principal. Le film incorpore la performance, la poésie et le dialogue afin de transmettre une explosion de pensées, de sentiments, de réflexions et des rêves.

Prostré dans son appartement, Maël ne réagit même pas quand Patricia entre dans son appartement, lui disant qu’elle avait gardé un jeu de clés. Elle lui dit de se remettre sur pied, et tout du moins de répondre au téléphone.

En particulier, Adrian essaye de le joindre et aimerait avoir de ses nouvelles. Mais Maël reste plongé dans ses souvenirs, ceux d’un amour intense qu’il a vécu avec Adam. Pourtant tout n’était pas rose, et les disputes violentes. La jalousie de Maël n’aidait pas, ni l’infidélité d’Adam, qui couchait à l’occasion avec Patricia. Mais aujourd’hui Maël se retrouve seul, son amant est mort et il ne parvient pas à vivre seul, encore moins à faire son deuil. Empêtré dans sa propre douleur, il ne se rend pas compte que d’autres souffrent également, et risquent de sombrer avec lui s’il ne réagit pas.

L’avis de Qweek : Antony Hickling, réalisateur anglais, était déjà l’auteur de Little Gay Boy, emblématique d’un cinéma underground gay héritier de Derek Jarman, Fassbinder et Pasolini.

One Deep Breath est encore plus radical. Poème visuel et incantatoire, le film suit le cheminement mental d’un homme meurtri par le suicide de son amant. Passé et présent, fantasmes et réalité, cérébralité et sensualité se mêlent au long d’un montage préférant la suggestion à l’explication. Le cinéma français avait déjà exploré cette veine de l’introspection affective, de »Hiroshima mon amour« à »En haut des marches«.

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Vendredi 17 mai 2019

»One Deep Breath« (Antony Hickling — 2014)
Un article de Guylian Pinchard, Facebook, 17 mai 2019

»Adam et Maël vivait leur amour au grand jour jusqu’à ce moment où Adam fait le terrible choix de mettre fin à sa vie. Maël doit alors gérer cette perte, réapprendre à vivre alors qu’il reste tourmenter par la disparition de son âme-sœur.«

C’est ainsi que nous suivons Maël traversant cette terrible épreuve. Interprété par Manuel Blanc (qui livre une performance d’une rare intensité), Maël tombe alors dans cette spirale infernale du deuil, ne pouvant cesser de se souvenir d’Adam (porté par un très bon Thomas Laroppe), leur relation, leur vie…

Second long-métrage d’Antony Hickling (Little Gay Boy). Co-écrit par André-Marc Schneider (dont la courte apparition reste fort sympathique), nous faisons face ici à un drame en sommes plutôt classique sur le deuil et la gestion de ce dernier, mais c’était sans compter sur le talent indéniable et l’imagination fascinante du réalisateur. Déstructurée, entrecoupée de scènes oniriques propre à ce cinéaste, l’histoire prend alors une toute autre dimension, prenant la direction d’un cinéma expérimental pour nous délivrer une œuvre complètement unique. Rêves et réalité, cauchemars et images symboliques s’enchainent spontanément, inlassablement, constituant le côté fortement dramatique du film. Alors que la pellicule déroule, les scènes d’amour/haine, joie/peine, bonheur/malheur s’entrechoquent violemment, donnant un charme particulier à l’ensemble, additionnant à ça, l’art et le symbolisme (présences allégoriques). La photographie édifiante, accompagnée d’une bande-sonore qui fait mouche, permet à cette œuvre de trouver la justesse parfaite et l’humilité adéquate (tout en réservant son lot de scènes »choc«) pour toucher le spectateur, et les acteurs élèvent encore plus le niveau générale de la bobine.

Au final, un drame »LGBT« efficace, magnifié par une réalisation soignée, travaillée, des acteurs très convaincants et une soundtrack concordante pour un film hautement réussi. Non dénué de défauts, mais face à toutes ces qualités, on sait en faire abstractions.

Comme d’habitude, n’hésitez pas à suivre les travaux de ce réalisateur et pour l’achat du dvd, petit lien en dessous :

One Deep Breath