Vendredi 17 mai 2019

»One Deep Breath« (Antony Hickling — 2014)
Un article de Guylian Pinchard, Facebook, 17 mai 2019

»Adam et Maël vivait leur amour au grand jour jusqu’à ce moment où Adam fait le terrible choix de mettre fin à sa vie. Maël doit alors gérer cette perte, réapprendre à vivre alors qu’il reste tourmenter par la disparition de son âme-sœur.«

C’est ainsi que nous suivons Maël traversant cette terrible épreuve. Interprété par Manuel Blanc (qui livre une performance d’une rare intensité), Maël tombe alors dans cette spirale infernale du deuil, ne pouvant cesser de se souvenir d’Adam (porté par un très bon Thomas Laroppe), leur relation, leur vie…

Second long-métrage d’Antony Hickling (Little Gay Boy). Co-écrit par André-Marc Schneider (dont la courte apparition reste fort sympathique), nous faisons face ici à un drame en sommes plutôt classique sur le deuil et la gestion de ce dernier, mais c’était sans compter sur le talent indéniable et l’imagination fascinante du réalisateur. Déstructurée, entrecoupée de scènes oniriques propre à ce cinéaste, l’histoire prend alors une toute autre dimension, prenant la direction d’un cinéma expérimental pour nous délivrer une œuvre complètement unique. Rêves et réalité, cauchemars et images symboliques s’enchainent spontanément, inlassablement, constituant le côté fortement dramatique du film. Alors que la pellicule déroule, les scènes d’amour/haine, joie/peine, bonheur/malheur s’entrechoquent violemment, donnant un charme particulier à l’ensemble, additionnant à ça, l’art et le symbolisme (présences allégoriques). La photographie édifiante, accompagnée d’une bande-sonore qui fait mouche, permet à cette œuvre de trouver la justesse parfaite et l’humilité adéquate (tout en réservant son lot de scènes »choc«) pour toucher le spectateur, et les acteurs élèvent encore plus le niveau générale de la bobine.

Au final, un drame »LGBT« efficace, magnifié par une réalisation soignée, travaillée, des acteurs très convaincants et une soundtrack concordante pour un film hautement réussi. Non dénué de défauts, mais face à toutes ces qualités, on sait en faire abstractions.

Comme d’habitude, n’hésitez pas à suivre les travaux de ce réalisateur et pour l’achat du dvd, petit lien en dessous :

One Deep Breath

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“The Ghosts” in Romania (postponed)

André Schneider and Judith Magre in “Les Fantômes”.

Great news!
Les Fantômes has been nominated for Best Feature Film at the Serile Filmului Gay International Film Festival in Cluj-Napoca, Romania. Were quite happy to be »in competition«. Originally, the festival was supposed to start tomorrow, but last week, we received the following E-mail from Sebastian Ivan, the festivals programme coordinator: »We regret to inform you that the GAY FILM NIGHTS International Film Festival is to be postponed for next year, as all of PRIDE Romanias volunteers have actively been engaged in the campaign to boycott the anti-gay referendum in our country, a campaign which has proven successful. The festival will take place between the 15th and the 21st of April 2019. We will keep you in touch with any new developments regarding the festival. Also, please do not hesitate to contact us if you have additional questions or comments. We would like, once again, to express our appreciation for your work and thank you for your patience.«
Keep fighting the good fight, Romania! Dont let violence and hatred ruin your spirit! Were looking forward to travel to Cluj next spring to present our little movie. Love from Berlin and Paris!

21. September 2018

»One Deep Breath« by Antony Hickling (Filmkritik)
Bericht von Momo Rulez, metalust.wordpress.com, 30. März 2015.

Bedeutungsschwanger und schwerfällig gräbt sich One Deep Breath seinen Weg mit aneinander gehängten Postkartenbildern, nervt durch aufdringlich ästhetisierte Bildkomposition. Stilisiert, aber öde.

Schon bei Minute Sieben ärgert mich der Film, weil an sich unendlich zu entfaltende Möglichkeiten der Stilisierung völlig ins Leere laufen und noch nicht einmal der Charme der reinen Geste, der puren Oberfläche regiert — sondern lediglich eine Suggestion von Tiefsinn. Anstrengende, symbolische Inszenierungen scheitern am Performativ-Tänzerischen. Die Bildsprache erschlägt jedes Bild. Das ständig hinein montierte Meer wirkt wie schlechte Esoterik. Emotionen erfahren eine übereindeutige Symbolisierung in Gesten und Mimiken, die in einem Groschenroman beschrieben cool wirken könnten. So nicht. Die Figuren interessieren nicht, weil es gar keine sind — einfach Füllstoff für eine selbstreferentielle Inszenierung, die das Selbstreferentielle selbst nicht zu reflektieren vermag. Somit wirkt auch das, was erzählt werden soll, unerheblich.

One Deep Breath nutzt allerlei zauberhafte Quellen queerer Tradition: Die Stilisierung, das Spiel mit den Geschlechterrollen, die Pose, die Theatralik, ein notgedrungener Narzißmus, das Zitat. Doch nichts davon funktioniert in ihm. Würde er das Aufgesetzte, was in so vielen queeren Werken so vortrefflich als Wahrheit inszeniert wurde, nicht fortwährend mit dem »Achtung Kunst!«-Ausrufezeichen erschlagen und mit »Ist das nicht ein tolles Bild!« konterkarieren — er hätte Potenzial haben können. Das muss auch gar nicht ironisch, campy oder witzig umgesetzt werden. So jedoch wird das, was Filmgenuss ansonsten jederzeit bewirken kann, das Angestrengte nämlich, zum Ärgernis.