Dimanche 14 décembre 2014

One Deep Breath (2014) Antony Hickling
Un article de Neil, Le ciné de neil, 13 décembre2014.

Résumé : Maël tente de faire face au suicide de son amant, Adam, et à leur passé trouble. Patricia, également une des maîtresses d’Adam, se met elle-même en danger dans sa tentative d’aider Maël dans sa douleur.

Mon avis : le deuil vous va si mal

Le réalisateur de One Deep Breath, diffusé à l’occasion du Festival Chéries-Chéris, est un habitué du genre. Anthony Hickling présentait en 2013 son premier long-métrage, »Little Gay Boy«, lors du même festival, et il a réalisé la bande-annonce assez réussie de l’édition 2014. Sa diffusion était précédée d’un de ses court-métrages, »PD«, qui met en scène dans la nature plusieurs tableaux d’hommes nus comparé à des personnages de la mythologie grecque. Ces scènes se succèdent, avec pour seules paroles une voix off qui récite plusieurs sonnets de Shakespeare. Réalisé avec un téléphone portable, l’œuvre déroute par son audace et par son côté atypique. Il faut s’habituer et adhérer au concept et alors profiter de la beauté des images et de la poésie qui se dégagent de cet ensemble étonnant.

Prostré dans son appartement, Maël ne réagit même pas quand Patricia entre dans son appartement, lui disant qu’elle avait gardé un jeu de clés. Elle lui dit de se remettre sur pied, et tout du moins de répondre au téléphone. En particulier, Adrian essaye de le joindre et aimerait avoir de ses nouvelles. Mais Maël reste plongé dans ses souvenirs, ceux d’un amour intense qu’il a vécu avec Adam. Pourtant tout n’était pas rose, et les disputes violentes. La jalousie de Maël n’aidait pas, ni l’infidélité d’Adam, qui couchait à l’occasion avec Patricia. Mais aujourd’hui Maël se retrouve seul, son amant est mort et il ne parvient pas à vivre seul, encore moins à faire son deuil. Empêtré dans sa propre douleur, il ne se rend pas compte que d’autres souffrent également, et risquent de sombrer avec lui s’il ne réagit pas.

La narration de One Deep Breath est complètement déstructurée : les souvenirs de Maël s’enchaînent et s’entremêlent avec le quotidien. On peut facilement se perdre dans le film, qui tient plutôt de l’évocation que d’un récit à proprement parler. On arrive tout de même, bribe après bribe, à reconstituer les éléments qui ont constitué la relation entre les deux amants. Plusieurs événements nous sont présentés, un dîner avec un ancien ami, voire amant, l’infidélité d’amant et sa bisexualité, puis la jalousie chronique de Maël. Et surtout l’amour que les deux amants se sont porté, un amour sans limite qu’ils croyaient éternel. Autour des souvenirs épars de Maël se promènent deux figures, une femme qui danse et qui symbolise la vie tandis qu’un homme grimé représente la mort.

Eros et Thanatos sont ainsi des personnages à part entière de One Deep Breath. Ils incarnent la lutte interne qui se livre au sein même du personnage principal, Maël. Pour l’interpréter, Manuel Blanc, ancien espoir du cinéma français avec J’embrasse pas au début des années 1990 et que l’on ne voit malheureusement plus beaucoup sur grand écran, livre une très belle performance. À ses côtés l’on trouve un jeune comédien, Thomas Laroppe, assez bien fait de sa personne et dans une prestation toute en nuances. Au milieu de ce couple, Stéphanie Michelini, aperçue dans la série »Pigalle, la nuit«, essaye de se frayer un chemin tout en incarnant bon an mal an un liant fragile. Hermétique, le film laisse toutefois passer quelques fulgurances visuelles qui donnent à l’œuvre, malgré sa courte durée, un caractère singulier.

Ma note : **

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