Jeudi 1 juillet 2010

Alex et Léo…et André Schneider
Interview par Laurent Delpit, 27 juin 2010.

Alex et Léo (André Schneider et Marcel Schlutt dans... Alex and Leo)

Pour son dernier film, André Schneider a écrit une savoureuse comédie romantique, sexy à souhait, Alex and Leo. Léo c’est “der Löwe” en allemand dans le texte, le lion qui ne sait ni rugir, ni choisir sa lionne, sa petite amie qui le supplie de l’épouser. Surgit alors Alex, jeune et nonchalant Berlinois, empêtré lui aussi dans une histoire… compliquée. L’un et l’autre sont les personnages clés de ce film où navigue une attachante galerie d’amis hauts en couleurs. Il y a quelque chose de théâtral dans l’intrigue, de délicieusement excessif dans les dialogues — mention spéciale pour des dialogues mordants. Comme nous le rappelle André Schneider dans l’interview qui suit, l’honnêteté qui caractérise ses personnages n’est pas une rose sans épines.

Alex and Leo

Laurent : Tu n’as pas peur de l’étiquette “gay” qu’on pourrait coller sur ton film ? (note : le film est bientôt distribué en France par un label gay et accueilli par des festivals gays)

André Schneider : Non, je savais depuis le tout début que ce serait un film “gay”, donc non, je n’ai pas “peur”. Au contraire, comme en Allemagne nous n’avons pas véritablement de “cinéma gay”, Alex and Leo fait presque figure de pionnier.

Outre le rôle d’Alex, tu as pris part à l’écriture, la production, la bande son, etc. Qu’est-ce que tu n’as pas fait sur ce film ?

André Schneider : Je n’ai pas réalisé. Yuri Gárate était notre réalisateur et il a fait un super travail. On n’était pas loin du film sans budget, nous avons donc tous mis la main à la pâte. Ütz, notre directeur de la photo, par exemple, a été d’un grand secours lorsque Alex and Leo est passé en post-production. Il a fait la séquence animée pour le générique, a aidé pour le mixage du son, le montage…

La bande son, justement, peux-tu nous en parler ? Et nous expliquer pourquoi tu as choisi Léonard Lasry, interprète français, pour « porter » ton film ?

André Schneider : J’ai toujours aimé tout ce qui est français : la langue, les gens, la gastronomie, les films, la littérature, la culture française en général. Je suis un Parisien de cœur et j’espère vraiment qu’un jour j’y vivrai de nouveau. C’est une des plus belles villes que je connaisse. Et bien sûr, j’adore la chanson française : Art Mengo, Alex Beaupain, Calogero, Benjamin Biolay, etc. Ils sont jazzy, sexy, sincères et légers. Ca faisait longtemps que je rêvais d’utiliser des chansons françaises dans mes films, et quand est arrivé Alex and Leo, je me suis dit que le mélange entre un film berlinois et des chansons parisiennes serait parfait. La première fois que j’ai écouté les chansons de Léonard Lasry, je suis tombé immédiatement sous le charme. Je suis très heureux que Léonard m’ait autorisé à me servir d’une partie de son œuvre pour Alex and Leo. Ses chansons ajoutent un certain charme, une légèreté à notre film.

Quel a été l’accueil réservé à Alex and Leo en Allemagne ? Nous ne le découvrirons hélas qu’en DVD (ou en salles pour les festivaliers), les Allemands ont-ils pu le voir en salles ?

André : La première mondiale d’Alex and Leo aux Etats-Unis aura lieu le 13 juillet. En fait, la sortie du DVD en France est prévue peu avant la sortie du film dans les salles en Allemagne, à l’automne.

Comment as-tu articulé les thèmes de la sexualité, du sentiment amoureux, de l’amitié ?

André : Honnêtement, je ne peux pas te le dire. Je n’analyse mon travail qu’une fois terminé.

J’aime ta façon de dresser des portraits doux-amers. Je pense notamment à l’amie thérapeute, Steffi (Sascia Haj), ou le meilleur ami d’Alex, Tobi (Udo Lutz). Tu n’es pas tendre avec tes personnages.

André : Je crois qu’une des grandes qualités de ces amitiés particulières, c’est la véritable honnêteté qui lie Steffi, Tobi, Kerstin, et Alex. L’honnêteté peut être rude parfois. Mais si l’un d’eux a besoin de réconfort et de l’épaule d’un ami, ils savent aussi être doux et tendres.

Au fait, j’adore les dialogues. Peux-tu nous parler des dialogues, de ta façon d’aborder l’écriture ?

André : Merci. Les premières semaines d’écriture ont été vraiment difficiles. Je n’avais jamais écrit de comédie romantique. Le démarrage n’a pas été simple. Mais une fois que j’avais dessiné les personnages, c’est devenu chaque jour plus facile.

Quel est ton programme pour les semaines, les mois à venir ?

André : Le 30 juin, on commence à tourner Tobi and Ernie, la suite d’Alex and Leo. Ce sera trois mois de tournage.

Si tu as besoin d’un acteur français qui ne parle pas un mot d’allemand, je suis ton homme.

André : On garde ça en tête, d’accord ? En fait, j’adorerais tourner un court-métrage en français un jour.

J’espère avoir attisé votre curiosité. Jetez donc un œil, une oreille, au charmant apéritif-bande-annonce agrémenté des Jours Légers de Léonard Lasry.

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